Vous êtes ici

Accueil

1. Présentation générale du colloque

Il s’agit d’organiser un colloque sur la thématique des « Territoires intelligents » en croisant les approches sciences et techniques, sciences humaines et sociales et aménagement. Les projets engagés ou à réaliser visent à optimiser le fonctionnement des territoires et pour ce faire recourent à de nouveaux procédés techniques rendus disponibles par les avancées dans de multiples champs des sciences et techniques. Leur mise en œuvre et par-delà, leur réussite, ne peut faire l’impasse sur l’acceptation sociale, économique et l’adaptation des pratiques qu’ils impliquent. La mise en relation de ces quatre approches (technique, sociale, économique et aménagement) ne vise pas à les positionner en miroir, mais bien davantage à les faire dialoguer afin de souligner que l’élaboration de ces projets repose sur la capacité à articuler la maîtrise technique et la capacité ou (et) la volonté des habitants, comme des entreprises, de s’en saisir, de les adopter et de les transformer. 
 
Les initiatives lancées au titre de l’intelligence territoriale par les acteurs de l’aménagement du territoire, à quelque échelle qu’ils se situent, se proposent d’améliorer le fonctionnement des territoires en réduisant leur impact énergétique et environnemental et en améliorant « l’attractivité ». En s’appuyant sur des dispositifs innovants mis au point dans le domaine de l’énergie, de la circulation de l’information, des mobilités, de la gestion des déchets, ces projets nécessitent la coordination de multiples acteurs. La complexité qui en résulte nécessite l’élaboration de dispositifs visant à faire des populations concernées des acteurs à part entière. En ce sens, les projets se revendiquant de l’intelligence territoriale se trouvent confrontés au défi de la mise en système de nombreux acteurs (collectivités territoriales, entreprises, associations d’habitants, …) et à leur coordination 
 
De multiples initiatives sont lancées par des collectivités territoriales cherchant à promouvoir les concepts de « smart cities », de « villes connectées » ou de « villes intelligentes ». Elles sont appuyées par des entreprises maîtrisant les techniques sophistiquées, à l’échelle du bâtiment, du quartier, voire de la ville. Ces mutations territoriales nécessitent d’être interrogées en analysant les conséquences sur les modes de vie et les pratiques des habitants. Il est nécessaire de dépasser un discours scientiste promouvant un nouveau modèle censé être idéal pour identifier les paradoxes multiples qui en résultent. Ainsi, des écarts entre les annonces et la réalité des réalisations, ou les nouvelles inégalités susceptibles d’être générées par ces transformations territoriales, voire les conséquences en termes de protection de la vie privée, mais aussi de fiabilité, de disponibilité et de sécurité des réseaux et des installations. 
 
Si de nombreux colloques portant sur ces thématiques ont déjà été organisés ou sont en passe de l’être, ils n’ont que rarement promu une approche à la fois critique et transdisciplinaire qu’il est toujours difficile, quoiqu’indispensable, de mettre en œuvre. L’objectif de cet événement est de faire discuter et échanger des universitaires français et étrangers travaillant sur ces nouveaux objets territoriaux, mais également d’impliquer des acteurs territoriaux désireux de confronter leurs propres expériences et de travailler avec des spécialistes de différents domaines scientifiques afin d’engager des expertises dans la durée.

2. Les axes thématiques

Pour chacun des cinq axes, il est attendu des contributions émanant des sciences et techniques, de l’aménagement, comme des sciences humaines et sociales. 

  • Axe 1 : Territoires intelligents : simple effet d’annonce ou amorce d’une mutation territoriale ?

    Les termes utilisés visant à promouvoir le développement durable territorial en s’appuyant sur les nouvelles technologies peuvent être trompeurs : « smart-cities », « ville numérique », « territoire intelligent »... Il s’agira, à partir d’exemples concrets d’interroger les différents acceptions du concept de « territoires intelligents », les limites de celui-ci et de contribuer à la conception d’une typologie intégrant la variété des dispositifs mis en œuvre et des échelles auxquels ils sont censés s’appliquer.

  • Axe 2 : Du démonstrateur à la généralisation des dispositifs : comment concevoir de nouveaux écosystèmes territoriaux ?

    La complexité des nouveaux procédés techniques que les aménageurs, les entreprises et les acteurs territoriaux sont en capacité de mobiliser, nécessite de mettre en œuvre des jeux d’acteurs appropriés et collaboratifs. Il s’agira aussi d’analyser les conditions de passage du « projet pilote » à son application sur un territoire plus vaste. Par ailleurs, ces projets peuvent faire l’objet d’une transposition sur d’autres territoires. Ceci suppose des échanges d’expériences entre les territoires et l’analyse de la transférabilité des dispositifs d’un contexte à l’autre. Les conditions débouchant sur la réussite ou les échecs des projets en regard des objectifs initialement affichés seront plus particulièrement à analyser.

  • Axe 3 : Des systèmes aux “territoires intelligents” ?

    Porté conjointement par des révolutions technologiques, environnementales et sociétales, l’avènement des « villes intelligentes », des « Eco-quartiers » et des « territoires intelligents » devient de plus en plus une réalité notamment avec des alternatives innovantes dans de nombreux domaines tels que le transport, l’habitat, l’énergie, l’industrie, les télécommunications et autres. Une révolution est en marche grâce notamment à la haute technologie qui se développe autour de systèmes de plus en plus « intelligents ». Connectés et communicants, ils sont de plus en plus associés à notre quotidien (voitures, logements, hôpitaux, communications, …). Dans le cadre de cet axe, on s’interrogera tout autant sur les dimensions  conceptuelles, méthodologiques, techniques et technologiques des territoires intelligents. Le transport intelligent, l’éco-mobilité, la domotique, le bâtiment à énergie positive, les énergies renouvelables, le cloud computing, les objets connectés, …. Il s’agira d’analyser en quoi, à leur manière, ils constituent des éléments clés de la réussite des territoires intelligents.

  • Axe 4 : Territoires intelligents : quelles limites à l’acceptabilité sociale ?

    Les nouveaux dispositifs expérimentés (à titre d’exemples, les nouveaux compteurs Linky d’ERDF, le transport en libre-service, …) sur les territoires contribuent-ils à générer de nouvelles formes de tensions (tensions entre les concepteurs des projets et les usagers, tensions entre les usagers eux-mêmes, …) ? Si l’impasse ne peut être faite à aucun moment sur les attentes, les besoins, les réticences des populations directement concernées par les dispositifs mis en œuvre, il s’agira d’interroger l’articulation entre les attentes des concepteurs et les pratiques des habitants, d’analyser les formes de participation dans lesquelles ils s’impliquent. Les usages peuvent ainsi progressivement évoluer par rapport aux objectifs initiaux.

  • Axe 5 : Territoires intelligents : vers de nouvelles formes d’inégalités ?

    Les nouveaux dispositifs innovants contribuent-ils à générer de nouvelles inégalités (sociales, générationnelles, territoriales, …) : comment les identifier ? Comment y faire face ? La fragmentation territoriale risque-t-elle de se trouver accentuer par des dispositifs censés la réduire, qu’il s’agisse des oppositions entre ville dense et espaces périurbains et ruraux ou entre quartiers aisés et quartiers populaires ? Les nouvelles opportunités offertes par les dispositifs « intelligents » contribuent à donner des avantages compétitifs aux territoires qui les supportent, à partir desquels ils se diffusent. Il s’agira donc d’analyser les conséquences des nouvelles différenciations territoriales en train d’émerger.

Français